Chocolat, de Roschdy Zem

Chocolat

Ce qui m’a attirée dans ce film, c’est d’abord son titre. « Chocolat ». Reconnaissez qu’on ne peut faire plus alléchant.

Mais il parle d’un sujet légèrement moins savoureux. Un homme, un Noir, connu sous le nom de Kananga, travaille dans un petit cirque. Son boulot ? Habillé de loques, jouer le cannibale pour faire peur aux spectateurs. Dans ce même cirque, un clown renommé, Footit, se voit obligé de renouveler ses numéros pour continuer de plaire au public. Ayant remarqué le talent dans la gestuelle de Kananga, il lui propose de faire équipe avec lui pour monter un numéro. Leur succès auprès du public est total et immédiat : repérés, ils « montent » rapidement dans un grand cirque parisien, où Kananga, désormais appelé Chocolat, découvre un monde bien différent de la petite vie campagnarde qu’il menait jusque là. Un monde où les jeux d’argent, l’alcool et les filles, prennent une énorme place, parfois plus important que le cirque dans lequel il joue deux fois par jour – et où racisme et jalousie sont omniprésents.

Ce film est l’un des rares où le racisme est pointé du doigt dans son intégralité. J’ai apprécié la rébellion de Rafael quand il s’aperçoit que, s’il est clown comme un blanc, c’est bien lui qui prend chaque soir des coups de pied au derrière.

Et je pense aussi qu’il était important, un jour où l’autre, de sortir un film comme celui-ci, qui permette à tous de connaître cette histoire, l’histoire du premier clown noir, d’un homme qui rêvait d’égalité.

Oui, c’est un film simple et beau. Mais je ne l’ai pas trouvé magistral, il ne m’a pas emportée…

Et si ce film est anti-racisme, il est loin de s’opposer au sexisme. Quand est-ce que les films où l’on voit des artistes, des gens riches, cesseront de nous les montrer systématiquement comme des « hommes à femmes » ?! Certes, celui-ci était historique : si Rafael Padilla était effectivement coureur de jupons, il était difficile pour le réalisateur d’en faire abstraction, mais peut-être aurait-il pu suggérer plus que montrer, de façon à se concentrer sur le racisme ?

 

Chocolat, de Roschdy Zem, scénario de Cyril Gély – une adaptation de Chocolat, clown nègre : l’histoire oubliée du premier artiste noir de la scène française, de Gérard Noiriel

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3 réflexions au sujet de « Chocolat, de Roschdy Zem »

    • Oui, c’est la même personne : au début du film, on l’appelle Kananga dans son rôle de cannibale, puis Chocolat quand il devient clown, et au moment de faire du théâtre, il dit que son vrai nom est Rafael Padilla. Et il est joué par Omar Sy. La vie est si simple ! 🙂

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