Les quatre filles du Docteur March

Les quatre filles du docteur MarchTout d’abord, une petite présentation de la collection « Les classiques en manga » (éditions Nobi nobi). Comme son nom l’indique, elle est composée de mangas qui reprennent des classiques. Moi qui ne suis pas fan de mangas, j’avais déjà lu et  Roméo et Juliette, et j’ai voulu essayer Les quatre filles du docteur March (un bouquin qui est souvent présenté comme un classique, mais que je n’ai très honnêtement pas la motivation ni l’envie de trouver du temps pour le lire). Cette collection a ceci de sympa qu’elle permet de lire vite des classiques auxquels on n’aurait pas forcément l’envie ou le courage de s’attaquer en entier : on se dit que ce n’est qu’une heure de lecture, et que ça nous fera un peu de culture ^^

J’ai apprécié les dessins – beaux mais simples, facilement compréhensibles, parfaits pour une petite tête comme la mienne qui a du mal à lire les images. Ces beaux dessins, donc, nous racontent l’histoire des Quatre filles du Docteur March qui, s’il faut un petit rappel, raconte à peu près ceci.

C’est la guerre de Sécession. Le Docteur March est parti s’engager dans l’armée, laissant seules ses quatre filles et leur mère (ainsi que Hannah, leur bonne). Les quatre filles ont des aspirations différentes – devenir riche et belle, être une écrivaine reconnue, une artiste… Elles ont aussi des caractères différents : un garçon manqué, une fille à la générosité incomparable, une autre  égoïste, etc. Et tout l’intérêt du livre réside dans la façon dont, en un an, elles ont progressé, affaibli leurs défauts et se sont transformées en bonnes personnes.

Peut-être qu’il y avait un second degré, un sens profond, que je n’ai pas su saisir. Peut-être. Mais honnêtement, voir des filles découvrir que dans la vie, il faut être gentille, généreuse, maîtriser ses colères, accepter les gens comme ils sont et la vie comme elle est, être courageuse, travailleuse, etc, je ne vois pas trop ce que ça peut bien apporter. Je ne comprends pas qu’un tel livre soit aussi connu, aussi apprécié : pour moi, il est simplement niais et inintéressant. (Mais si quelqu’un veut bien m’expliquer pourquoi il est si populaire, je suis toute ouïe ! 😉 )

Et j’ajoute une mention spéciale pour Jo. Son défaut à elle, c’est d’être trop garçon manqué, pas suffisamment féminine, un défaut qu’elle ne manquera pas de combattre courageusement, comme sa sœur se bat contre son égocentrisme. (Je ne vous cacherai pas que je suis un brin féministe, et c’est typiquement le genre de réflexions qui me fait grincer des dents. Avec tout le respect que je vous dois, Louisa May Alcott.)

 

Les quatre filles du Docteur March, Nev, éditions Nobi nobi, collection « Classiques en manga », d’après l’œuvre de Louisa May Alcott

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6 réflexions au sujet de « Les quatre filles du Docteur March »

  1. Peut-être que l’intérêt de l’histoire résidait dans l’écriture de l’auteure ? (Honnêtement je l’ai lu il y a longtemps et je n’en ai aucun souvenir) Les classiques en manga je trouve que c’est une bonne idée (j’ai lu la bible en manga comme ça) mais ça donne l’impression qu’on a lu le livre alors que ce n’est pas le cas (l’éternelle discussion autour du fond et de la forme 😉 ). Tout à fait d’accord avec ton âme de féministe ! (D’ailleurs rien que le terme de garçon manqué serait à proscrire)

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    • C’est vrai qu’il faudrait lire le texte original pour voir si l’écriture relevait le niveau du scénario. Mais pour être tout à fait honnête, je n’ai pas la motivation nécessaire pour m’y atteler… Un jour peut-être ? ^^
      C’est vrai qu’il y a toujours une perte quand on lit un classique dans une autre forme que sa forme originale (on peut dire la même chose des adaptations en film voire même d’une traduction dans une autre langue) : par exemple, j’imagine que si j’avais lu Les misérables en BD, je n’aurais franchement pas aimé, alors que j’ai été scotchée par l’écriture et la construction du texte de Victor Hugo.
      La Bible a été adaptée en manga ? C’est intéressant, ça… 😉 (depuis le temps que je veux la lire et que je ne trouve pas le courage pour !)
      Merci Yoko ! 🙂

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  2. En fait, pour comprendre le succès des classiques en général, je pense qu’il faut les replacer dans le contexte de leur rédaction. Celui-ci a été publié en 1868 (merci Internet ^^), et à cette période-là, c’était sûrement mal vu d’être égoïste (bon ça c’est toujours le cas, donc pas bien compliqué à comprendre), garçon manqué etc… Donc le livre a dû plaire parce que les héroïnes pouvaient servir de modèles aux jeunes lectrices, leur montrait comment bien se conduire en société, dépasser leur défauts… Peut-être qu’elles trouvaient dedans une certaine force pour surmonter les leur, et pour accomplir leurs rêves ?
    Et s’il est toujours aussi connu, c’est sans doute grâce au bouche-à-oreille, ou bien parce qu’il reflète bien la société de l’époque… ou les deux ? Bon après ce ne sont que des hypothèses, et je ne l’ai jamais lu non plus, donc… x) Ça peut aussi être lié au style de l’auteure, à son sens du récit, au point de vue adopté, voire à des illustrations s’il y en a dans le roman (c’est en partie comme ça qu’on interprète l’étonnant succès de Martine la parfaite, par exemple, je ne sais pas si ça peut aussi être appliqué ici ou pas). Le fait que l’écrivaine soit une femme, ou que le livre soit adressé à des jeunes, a peut-être également joué par rapport au fait qu’il y avait encore peu de femmes auteures à l’époque, et aussi peu d’œuvres destinées à la jeunesse (du moins, beauuucoup moins qu’aujourd’hui). Et (promis après ça je m’arrête !) il ne faut pas oublier que parfois, des livres sans grand intérêt sont étonnamment chéris du grand public, peut-être parce que ce sont des lectures « faciles », accessibles… Mais généralement ils ne traversent pas ainsi les siècles x) Bref. A creuser en tout cas, si ça se trouve la page wiki ou je ne sais quel site littéraire détient la clef du mystère – si tant est que ce soit un phénomène explicable 🙂

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  3. (Je viens de jeter un coup d’œil à la page Wikipédia, la première publication en France a été dans une collection nommée « Bibliothèque d’éducation et de récréation », ça en dit assez long sur les objectifs de l’ouvrage.)

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