Prétérition et divagations

Même pas peurL’une des règles de conduite que je me suis posées lorsque j’ai créé ce blog est de le dédier à la lecture, à la littérature, à la culture, à l’histoire, aux nouvelles inventions scientifiques, à la description de la naissance d’un yéti, au nombre d’œufs nécessaires pour obtenir la pâte à crêpe parfaite[1]…  bref, je voulais utiliser Ellealu pour parler de tout, sauf d’actualités ou de politique. Sauf.

Sauf que c’est un objectif bien difficile à tenir quand on a quelque chose à hurler sur les toits. Grand-Bassam, Ankara, Istanbul, maintenant Bruxelles, ça commence à faire beaucoup en deux semaines, non ? On ne pourrait pas s’en tenir là, se dire qu’il y a suffisamment de morts ? C’est si dur que ça, de voir les autres vivre comme ils l’entendent, et non selon vos préceptes[2] ? Et, quand bien même le serait-ce, quand bien même cela vous coûterait de nous voir nous habiller comme on aime le faire, parler, rire et chanter sans vous demander votre avis, quand bien même cela vous coûterait d’accepter le monde dans lequel vous êtes nés, ne pensez-vous pas que la tolérance serait un plus beau djihad[3] ?

Ce qui est fait est fait, ceux qui sont morts sont morts « pour toute la vie », mais si aujourd’hui vous pouviez laisser les vivants en paix, qu’ils soient ici ou ailleurs[4], si vous pouviez arrêter votre délire… on ne peut pas dire qu’on vous sera reconnaissant, après tout le mal que vous avez fait, mais avec un peu d’imagination, on peut faire que tout s’arrête, que ça redevienne comme avant. Histoire de pouvoir de nouveau se déchirer sur l’(ex(éventuelle)) primaire à gauche, ou le choix Juppé vs Sarko. Ce serait cool, les ados (et les autres) dans la rue pour protester contre la réforme du code du travail, le métro de Bruxelles bondé, la place de la Bourse toute noire et non bariolée avec des craies de couleurs,  ce serait cool, non ?

 

Que la paix soit en vous[5], mes chers.

[Et ne cessez pas de vivre, vous avez une vie, une, pas deux, pas dix, vous en avez une et elle mérite d’être vécue.  Restez libre, comme avant-hier et comme le jour de votre naissance[6]. Le mot terrorisme repose sur terror[7]. Si on lui enlève ce radical, il n’est plus rien, plus qu’un petit suffixe de merde[8]. Faites donc en sorte, s’il vous plaît, de laisser le radical[9] au placard (voire si possible de l’étrangler et de l’enterrer au fond du jardin). Sortez, jouez, chantez, réfléchissez, remettez en question, doutez… vivez, vivez, quoiqu’il arrive, vous êtes en France et vous êtes libres, alors faites honneur aux droits que vous avez !]

 


[1] Je vous rassure tout de suite, je n’ai toujours pas trouvé, et mon niveau de cuisine risque bien de ne pas me permettre de venir à bout de cette profonde énigme… ^^
[2]  Préceptes qui, si vous me permettez de donner mon avis, mériteraient de légères remises en question de votre part. Ca ne vous choque pas de vous suicider – en tuant avec vous le plus de monde possible – alors que votre Coran vous interdit même d’altérer votre propre corps, présenté comme un bien que Dieu vous confie et qu’il vous faudra lui rendre ?
[3] Le djihad (جهاد) est un devoir pour les musulmans, ce mot signifie « effort », ou « lutte » (à prendre au pied de la lettre ou de façon imagée). Je ne l’ai pas inventé, je suis allée voir là.
[4] Rappelons que les premières victimes de Daesh ne sont certainement pas les Européens. Vous n’en êtes pas convaincu ? Allez voir par là, et on en rediscutera. (Désolée, c’est de l’anglais, je n’ai pas trouvé de version française)
[5] Traduction littérale de « salam aleykoum » (عليك السلام), ici.
[6] Avec bien évidemment quelques avantages par rapport au jour de naissance, comme le fait d’avoir appris (ou pas^^) à lire, à parler, à marcher, à faire du vélo, à chanter, à réfléchir, à dessiner, à manger, à décortiquer les crevettes…
[7] Du latin terror, oris, qui signifie peur, terreur, ou désigne l’objet de la peur (par exemple, si vous avez très très peur des profs de maths, vous pouvez à la fois dire que vous ressentez du terror quand vous en croisez-un, mais aussi que le prof en question est un terror 🙂 ).
[8] Ne vous méprenez pas, einh, j’ai un profond respect pour les suffixes, en particulier ceux qui nous permettent de créer des noms. Seulement, en l’occurrence, ça m’arrangeait de dire qu’ils n’ont aucune valeur, histoire de pouvoir monter ma démo derrière. Pardonnez-moi d’avoir blessé (l’espace d’un instant) notre belle langue.
[9] Ce mot fait évidemment référence à  terror.

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