Le théorème des Katherine, de John Green

Théorème des Katherines - John GreenVous en avez nécessairement déjà entendu parler, vous l’avez sans doute déjà lu. Le théorème des Katherine nous plonge dans la tête de Colin Singleton, ado surdoué qui espère devenir un jour génie -c’est-à-dire faire une découverte majeure, avoir ce qu’il appelle « une minute Eurêka ». Ses parents l’ayant toujours poussé à étudier, il a amassé des quantités astronomiques de connaissances, qu’il égrène tout au long du récit (sans pour autant que celui-ci ne devienne une encyclopédie). Ce livre est le récit d’un voyage, son premier voyage à but indéterminé, sa découverte de l’aventure au hasard, entraîné par son meilleur ami, Hassan, qui a beaucoup d’humour mais aucune ambition – si ce n’est celle de bosser le moins possible.

Colin a une histoire sentimentale des plus étonnantes. Dix-neuf fois il est sorti avec une fille ; dix-neuf fois la fille en question s’appelait Katherine (pas Catherine ou Cathy, non, Katherine !) ; dix-neuf fois il s’est fait larguer. Pas besoin d’un niveau intellectuel très élevé pour se dire que ce devrait être, statistiquement parlant et au vu de la proportion de Katherine dans la population, parfaitement impossible (d’ailleurs, la version anglaise du livre s’appelle An abundance of Katherines). Mais Colin, lui, n’est pas tant choqué par cette coïncidence qu’il n’est convaincu de la possibilité de créer un théorème qui puisse prédire le début, le déroulé et la fin d’une relation avec une Katherine. Voilà donc l’histoire de ce looser en amour.

 

John Green a-do-re les jeux de mots, et a fait de son personnage principal un amoureux des anagrammes (vous savez, ce jeu qui consiste à mêler les lettres d’un mot pour en former un autre). Catherine Gibert – la traductrice- a dû faire un travail formidable pour lier le style de l’auteur, l’histoire qu’il raconte, et les jeux de mots omniprésents.

On notera également la présence de quatre-vingt-quatre notes de bas de page, qui apportent des informations (plus ou moins) intéressantes sur les mots utilisés (comme tout surdoué qui se respecte, Colin parle onze langues, et n’hésite pas à les utiliser tout au long du récit), sur les faits historiques évoqués (vous apprendrez qui était le Premier Ministre canadien en 1936), sur les usages et principes de l’islam (Hassan est musulman pratiquant ; Colin à moitié juif pas pratiquant), et d’autres questions de culture gé extrêmement intéressantes (qui détient le record mondial de crachat de pépin de pastèque ?) – et, bien sûr, vous aurez droit à quelques explications mathématiques puisque vous aurez le loisir d’observer Colin construire son Théorème (parfois un peu compliqué – parfois carrément incompréhensible ^^) un Théorème par ailleurs expliqué dans son intégralité à la fin du roman, par un mathématicien étonnamment subtil et drôle (je n’ai rien contre les mathématiciens, einh, mais en général ils ne sont pas réputés pour leur humour et leur pédagogie).

 

J’ai aimé ce bouquin parce qu’il m’a fait du bien. C’est stéréotypé (la figure du surdoué associable sûr de lui presque orgueilleux), c’est con (va écrire un théorème définissant une relation amoureuse), c’est drôle (jeux de mots pourris and cie), c’est exagéré (être poursuivi par un cochon sauvage puis par des frelons puis courir au hasard puis se perdre puis tomber par magie sur (spoiler à surligner) la petite copine de son meilleur pote en train de coucher avec un autre (fin spoil), si c’est pas de la (mal)chance, ça !), mais ce bouquin m’a accompagnée pendant une semaine bien chargée, et ça m’a fait un bien fou. J’ai adoré l’idée de rédiger un théorème sur des histoires d’amour, j’ai adoré Hassan et Colin, j’ai aimé voir leur relation évoluer, j’ai aimé écouter Colin raconter des histoires… Un bon bouquin – qui ne vole pas toujours très haut, mais un bon bouquin.

 

Le Théorème des Katherine, de John Green, traduit par Catherine Gibert aux éditions Nathan

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