La double vie de Cassiel Roadnight, de Jenny Valentine

La double vie de Cassiel Roadnight - Jenny ValentineChap vit dans la rue depuis plusieurs années. De foyer en foyer, de tunnel en tunnel, comme il peut. Un jour, il se retrouve dans un foyer londonien, et une femme le reconnaît : c’est certain, il est Cassiel Roadnight, un adolescent disparu deux ans auparavant. Il a dit non. « Non, je ne suis pas Cassiel. »

Parce qu’il n’est pas Cassiel. Avant son départ, Cassiel était un ado normal. Cassiel avait un grand frère, une grande sœur, une maman dépressive. Cassiel avait une chambre avec un ordinateur, un lit, des vêtements. Cassiel avait des amis – des gens qui ne l’aimaient pas, aussi. Lui, Chap, n’a jamais rien eu de tout ça. Et la vie de Cassiel lui est proposée, présentée sur un plateau. Il n’a eu qu’à dire oui. « Oui, je suis Cassiel. » Ces mots ont changé sa vie et l’ont propulsé dans une vie dont il avait longuement rêvé, mais à laquelle il n’avait pas droit. Ces mots l’ont propulsé dans le corps d’une personne qu’il ne connaît pas, et dont il doit immédiatement volé la personnalité. Mais vous vous doutez qu’un adolescent qui disparaît ne laisse pas que des bons souvenirs derrière lui, et Chap se prend cette réalité – et toute la violence qui l’accompagne- en pleine figure.

Je trouve l’idée sur laquelle est construit ce roman absolument géniale. Un garçon qui doit se faire passer pour un autre qu’il ne connaît pas, à chaque heure du jour et de la nuit, sous l’œil intransigeant des juges que représentent sa mère, sa sœur et son frère. Un garçon des rues qui doit épouser les codes et les habitudes d’une vie qu’il n’a jamais connue. C’est fabuleux.

En revanche, j’ai trouvé certains passages trop longs, superflus : certes, ce genre de roman ne peut se faire sans un minimum d’introspection, ce qui nous amène à mieux comprendre le personnage et les dilemmes auxquels il est soumis, mais là, c’est trop. Et j’ai un autre reproche pour la fin, qui me semble digne d’une farce moyenâgeuse, parfaitement invraisemblable, attendue, bref, décevante. J’aurais préféré une fin ouverte, avec moins de réponses, mais qui laisse plus de place à l’imagination du lecteur – de façon à lui donner un air plus réaliste.

 

La double vie de Cassiel Roanight, de Jenny Valentine, traduit par Diane Ménard, aux éditions l’Ecole des loisirs

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