La promesse de l’aube, de Romain Gary

La promesse de l'aube - Romain GaryLa promesse de l’aube, ce n’est pas juste le récit de la jeunesse de Romain Gary. C’est avant tout l’histoire d’une relation entre une mère et son fils. C’est l’histoire de l’accomplissement (ou l’échec ^^) d’un garçon qui se doit de réaliser les rêves de sa mère, de vivre pour permettre à sa mère de s’accomplir à travers lui. Une mère qui donne corps et âme pour son enfant, qu’elle promet à un destin merveilleux (« Tu seras un héros, tu seras général, Gabriele d’Annunzio, Ambassadeur de France », « Tu seras Victor Hugo, Prix Nobel ! » la couleur nous est annoncée dès les premières pages, et ces exhortations se poursuivent pendant tout le roman – ceci dit, on ne peut pas vraiment donner tort à cette mère pleine d’amour pour son fils : son œuvre n’est-elle pas aujourd’hui reconnue, ses livres étudiés dans les écoles, son nom entré dans la mémoire collective ?).

Et la mère de Romain Gary, c’est un sacré caractère, un personnage second qui prend toute la place, autour duquel le roman est entièrement tourné. L’auteur aurait-il voulu faire ici l’hommage de sa mère ?

Oui, peut-être, mais il se permet toutefois de la dépeindre dans toute sa splendeur, avec les bonheurs et les moments de solitude que ce genre de parents peut apporter. Oui, sans doute est-ce un hommage, celui d’un fils qui a depuis toujours conscience d’avoir la charge d’« être le happy end » de sa mère (rien que ça !), et qui s’y emploie autant que possible.

Au-delà du personnage de la mère qui m’a sidérée (et beaucoup fait rire, il faut l’avouer), La promesse de l’aube est aussi le récit d’une jeunesse. Un garçon russe élevé en Pologne dans l’admiration, la vénération de « sa patrie », la France. France dans laquelle il arrivera adolescent, où il goûtera aux joies que peut offrir un pays comme le nôtre aux nouveaux arrivants. Un pays où, sur les conseils (ou devrais-je dire « sous l’emprise » ?) de sa mère, il étudiera le droit, écrira – étudiera les filles, aussi… – et s’engagera dans l’armée pendant la Seconde guerre mondiale. Parce que oui, Romain Gary, c’est aussi un étranger nouvellement naturalisé prêt à mourir pour sauver la France (ou peut-être plus pour sauver le rêve de sa mère ?), scandalisé par la signature de l’Armistice et fermement décidé à rejoindre la Résistance.

Un beau témoignage, plein d’anecdotes parfois étonnantes, amenées par une écriture agréable : légère, mais pas trop. Un bel humour, aussi. Cette lecture m’a donné envie de lire d’autres romans de Romain Gary.

La légèreté de l’écriture est d’autant plus surprenante et appréciable que la vie qui est évoquée est loin d’être simple. A vrai dire, il m’est arrivé, au cours de ma lecture, d’oublier le caractère autobiographique du roman et d’avoir des réflexions comme je peux en avoir souvent : «  L’auteur exagère, là, c’est pas très vraisemblable, tout ça ! » Mine de rien, il en a vécu, des choses étonnantes, notre pauvre petit Romain !

Un bon bouquin, à lire ! (Et puis, ça permet de relativiser nos relations avec nos parents ^^ (ou, pour les parents, celle avec leurs enfants))

 

La promesse de l’aube, de Romain Gary, éditions Folio

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