La promesse de l’aube, de Romain Gary

La promesse de l'aube - Romain GaryLa promesse de l’aube, ce n’est pas juste le récit de la jeunesse de Romain Gary. C’est avant tout l’histoire d’une relation entre une mère et son fils. C’est l’histoire de l’accomplissement (ou l’échec ^^) d’un garçon qui se doit de réaliser les rêves de sa mère, de vivre pour permettre à sa mère de s’accomplir à travers lui. Une mère qui donne corps et âme pour son enfant, qu’elle promet à un destin merveilleux (« Tu seras un héros, tu seras général, Gabriele d’Annunzio, Ambassadeur de France », « Tu seras Victor Hugo, Prix Nobel ! » la couleur nous est annoncée dès les premières pages, et ces exhortations se poursuivent pendant tout le roman – ceci dit, on ne peut pas vraiment donner tort à cette mère pleine d’amour pour son fils : son œuvre n’est-elle pas aujourd’hui reconnue, ses livres étudiés dans les écoles, son nom entré dans la mémoire collective ?).

Et la mère de Romain Gary, c’est un sacré caractère, un personnage second qui prend toute la place, autour duquel le roman est entièrement tourné. L’auteur aurait-il voulu faire ici l’hommage de sa mère ? Lire la suite

La citation de la semaine (22)

Encore frissonnant
Sous la peau des ténèbres
Tous les matins je dois
Recomposer un homme
Avec tout ce mélange
De mes jours précédents
Et le peu qui me reste
De mes jours à venir.
Me voici tout entier,
Je vais vers la fenêtre.
Lumière de ce jour,
Je viens du fond des temps,
Respecte avec douceur
Mes minutes obscures,
Épargne encore un peu
Ce que j’ai de nocturne,
D’étoilé en dedans
Et de prêt à mourir
Sous le soleil montant
Qui ne sait que grandir. 

Jules Supervielle

 

(Dans l’espoir que vous receviez toutes mes excuses pour le retard de la citation de cette semaine, vous avez droit à un (courant (et sublime^^)) poème. 😉 )

Banksy et moi, de Elise Fontenaille

Banksy et moi - Elise FontenailleL’appartement de Darwin fait face à un mur. Un grand mur de parpaings, qui met des larmes dans les yeux de sa mère quand elle le regarde. Mais pour lui, ce n’est pas si grave : il a l’habitude, et puis, Darwin aime bien son quartier. Un quartier où les loyers ne cessent de monter, à l’inverse du salaire de ceux qui y vivent, et qui voit régulièrement ses habitants les quitter, escortés par les huissiers ou la police. Heureusement, Darwin, lui, n’a pas d’expulsion à craindre : sa maman est chauffeur de taxi la nuit et, s’ils ne roulent pas sur l’or, ils ont de quoi vivre (en plus, nous explique-t-il, son « proprio n’est pas un requin, c’est rare, mais ça existe »).
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Kodhja, de Thomas Scotto et Régis Lejonc

Kodhja Un jeune garçon pénètre dans Kodhja. Dans cette cité magique, truffée d’épreuves et de mystères, il est guidé par un enfant qui semble en connaître les moindres recoins – et les lui fait tous parcourir. Plus le garçon avance dans cette ville et plus son émerveillement grandi, comme celui du lecteur qui suit ses péripéties, impressionné par d’indescriptibles spectacles de théâtre, une fontaine d’imagination, des tremblements de terre incessants, et autres frayeurs imprévisibles. Mais que fait donc ce jeune garçon dans cette étrange cité labyrinthe ? Il cherche le roi, nous chuchote-t-on à l’oreille, et souhaite atteindre la tour décapité dans laquelle il vit. Pourquoi donc ? s’étonnera-t-on. Pour qu’il lui dévoile son nom.

Le conte de Kodhja est à l’image des dessins qui forment la BD : doux et poétique. Les tons pastel, doux, contribuent à instaurer dans cet album une ambiance difficile à définir – on ressent avec le garçon ses peurs et ses joies. De ce livre se dégage aussi un certain apaisement qui correspond bien  à cette réflexion sur l’art de se découvrir un avenir et de grandir.  Lire la suite